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Hommage de la famille de Vincent Détoc, Artiste sculpteur, victime des attentats du 13 novembre

12 février 2016 3 commentaires

Hommage à Vincent DETOC, membre de la Maison des Artistes.

Au soir du 13 novembre 2015, Vincent est au zénith de son existence. Père aimant, époux dévoué, architecte accompli et sculpteur talentueux. Vincent est aussi un musicien passionné. Il se rend à ce concert des Eagles of Death, groupe qu’il affectionne. Jamais cet épicurien ne saurait laisser l’un des pans de sa vie prendre le pas sur les autres. Vivant à un rythme que bien peu seraient capables de suivre, cette dernière semaine passée auprès des siens caractérise l’intensité et l’énergie avec laquelle Vincent vit.

Toujours égal à lui-même, sa constance fait de lui une personne universelle tant il parvient à fédérer, autour de lui, des personnes pourtant très différentes. C’est d’ailleurs son sens de l’écoute et sa bienveillance qui lui vaut une unanimité à son égard. Il sait éveiller le meilleur en chacun pour ensuite s’en nourrir et s’en enrichir, lui conférant maintes fois le statut d’inspirateur, voire de modèle.
La sérénité manifeste de Vincent est le fruit d’une personnalité complexe et multifacette, un savant mélange de qualités altruistes : joyeux, bon, humble, sérieux, calme, patient, sensible… Sa bonté n’a d’ailleurs de limites que ce que la vie peut lui proposer : il lui suffira de croiser la route d’un pigeon blessé pour le prendre sous son aile et probablement devenir le premier francilien à avoir domestiqué cet animal mal aimé.

Sa famille constitue le pilier central de cette vie accomplie. Ses parents, ses frères, sa compagne et leurs deux enfants, sont pour lui les véritables catalyseurs de son amour sans bornes. A Gentilly, il esquisse les fondations de leur chaleureuse maison transformée par sa talentueuse vision en havre d’amour pour leur petite fille et leur petit garçon. Aussi harassante qu’ait été sa journée et aussi tard qu’il puisse rentrer, Vincent, dans sa quête d’être le père parfait, sollicite une fois de plus sa bouillonnante créativité pour livrer, chaque soir, une nouvelle histoire inédite à chacun de ses enfants.
Car Vincent est un créateur généreux, ainsi à l’âge de dix ans, le nez planté dans la voie lactée, il a imaginé un personnage cosmique « Dominir le Plutonien » qui devint un petit livre imprimé à trois mille exemplaires et diffusé au profit des enfants déshérités. Il est aussi un créateur du beau. Sous la mine agile de son crayon s’élèvent les édifices de demain et se figent les plus belles perspectives. Côtoyer Vincent, c’est tendre vers la quintessence du beau, en toutes circonstances. L’appel de la création l’éloignera ainsi parfois d’une grande tablée de Noël pour aller satisfaire le désir rêveur de l’assemblée d’architectes en herbe autour d’une boîte de Lego… Et, de cela, personne ne s’étonne.

Cette créativité, Vincent l’assouvit aussi avec les trois autres membres des Dylan Dog, son groupe de rock qui se réunit souvent dans son sous-sol, et dont il est le bassiste. Des cordes tendues de sa guitare s’échappent des mélodies aux rythmes appuyés… Là où certains enfants s’endormiraient au son d’une mélodie feutrée, ses enfants sont bercés par les riffs énergiques de leur père! Cette sensibilité pour cet instrument n’est sans doute pas due au hasard : telle une ligne de basse, Vincent est discret, pertinent et finalement indispensable. Quant à ses goûts musicaux, ils sont véritablement éclectiques. Comme pour toute chose, sa passion est contagieuse et, lorsqu’il improvise un bœuf au cœur de sa rue avec ses amis, c’est bientôt tout le quartier qui viendra s’essayer à la vie de rockstar d’un soir, à ses côtés, que ce soit pour la fête des voisins ou celle de la musique.

Vincent laisse à toute personne ayant eu la chance de croiser son chemin le plus précieux des héritages : les moments d’amitié, d’amour et de bonheur. Ces instants que l’on ne saura jamais exprimer avec des mots, tant être près de lui suffisait pour se sentir bien. Vincent a su atteindre une forme de plénitude rayonnante en conciliant savamment les composantes extrêmement denses de son existence. A chaque pleur, Vincent sourit. A chaque peur, Vincent apaise. A chaque silence, Vincent chante. A chaque instant, Vincent aime. Seule l’innocence des enfants, pourrait le définir au travers d’une petite phrase : «Vincent, c’est le plus cool des papas».

LA FAMILLE

 


3 Commentaires »

  • pedrini dit :

    une prière pour toi et pour toute les victimes de la folie humaine

  • Mathilde GROULT dit :

    Une pensée attristée envers ce jeune artiste prometteur et sa famille, ses enfants.

  • Desgeorges Violeta dit :

    Un Gran Escultor que pierde la Francia en manos de terroristas, es una verdadera triztesa.

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