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10 choses importantes à noter au sujet du salon d’ art a-contemporain « Les hivernales »

14 janvier 2013 3 commentaires

 

Par Nicole Esterolle

1- le rôle déterminant de Robert Harroch,, pour l’existence de ce salon d’artistes, qui vient d’avoir lieu à Montreuil du 12 au 16 décembre 2012. Ce riche homme d’affaire franco-israélien. propriétaire du Palais des Congrès de Paris-Est Montreuil, a mis gratuitement ce superbe lieu de 15000 m2 à la disposition des artistes…

Ceci est important à noter , parce que nous avons là la preuve que les riches amateurs d’art n’ont pas tous la morgue et le cynisme d’un François Pinault par exemple, pour qui l’art n’est qu’instrument d’affichage et de consolidation du pouvoir et de la fortune, mais qu’il en existe de parfaitement, désintéressés, affables, modestes, véritablement amoureux des arts et des artistes dans leur diversité, leur foisonnement, leur joyeux désordre et capables de vivre près d’eux pendant une semaine, de parler avec tous, de les aider à l’accrochage et au décrochage des tableaux, etc.

 

2- la réussite incontestable de cette première édition, avec 9400 visiteurs pour l’inauguration et 16500 au total, qui est étonnante pour un salon «  périphérique » de 900 artistes, si l’on compare ces nombres à ceux de cet autre salon d’artistes, « Art en Capital », bénéficiant du centralisme prestigieux du Grand Palais et réunissant les œuvres de 2500 artistes…

Important à noter, parce que cela prouve que l’art peut se déployer librement, plus au large, loin des maigres subventions et de la très condescendante et asphyxiante mise sous cloche de l’administration centrale.

 

3- Une sélection faite par les artistes mêmes. En effet, les 900 artistes présentés dans ces Hivernales, ont été sélectionnés sur 3000 candidatures environ, par les artistes eux – mêmes inscrits à la MDA, grâce à un système tout à fait inédit de vote collectif , sur l’ « Agora » installé sur le site internet de la Maison Des Artistes…

Important à noter, parce que cela prouve qu’il est possible d’imaginer ici, comme cela pourrait se faire dans les structures institutionnelles, des procédures d’évaluation « démocratiques », où l’expertise et la parole des artistes pourraient être réintroduites pour remplacer celles des fonctionnaires au service du grand marché.

 

4- Un fond de solidarité. Sur les 110 euros de droits d’accrochage par œuvre, 10 sont destinés à un fond de solidarité aux artistes en difficulté financière pour les aider à participer au salon…

Important à noter, parce que cela prouve qu’il n’y a pas à désespérer d’un regain de solidarité entre les artistes tel que le souhaite la Maison des Artistes et son président Rémy Aron. (on imagine , face à cette information, le sourire commissératoire d’une critique d’art telle que Judith Benamou- Huet, célèbre hagiographe des collectionneurs milliardaires et des artistes « les plus chers du monde »…

 

5- une vente totale de 120 œuvres au cours de ce salon

Important à noter, parce que ce très modeste chiffre d’affaires généré par ces 120 ventes pour 900 artistes, représente assez exactement celui d’une seule vente dans telle galerie Perrotin, Lambert ou Gagosian, à un seul collectionneur PDG de grosse entreprise et gagnant justement 900 fois le salaire du manœuvre de base…

 

6- L’Assemblée Générale de l’Association La MDA (Maison des Artistes) s’est tenue au sein -même des « Hivernales », ouverte conjointement par Dominique Voynet, Maire de Montreuil et Razzy Hammadi, Député de Seine Saint-Denis…

… … Important à noter, car il se produit là, in-situ, parmi les œuvres, une connexion vivante, inédite et exemplaire entre des responsables politiques et l’organisation d’ artistes la plus représentative. Il se produit aussi une inédite et fructueuse conjugaison des projets de Rémy Aron, président de la MDA, et de Noël Coret, Président du Salon d’Automne. Le premier se bat depuis plusieurs années pour améliorer le statut des artistes, leur protection sociale et la solidarité entre eux ; le second a su développer le Salon d’Automne, tout en renforçant son indépendance ; les deux étant taxés pour cela de ringards réactionnaires par la branchitude contemporainiste parisienne.

 

7- Une ouverture à tous les champs de la création plastique, à toutes les tendances, techniques et modes d’expression, mais aussi à 40 nationalités…

Important à noter, quand on connaît le communautarisme féroce des réseaux qui « tiennent » le champ de l’art contemporain a vocation supra –nationale. Voir en effet , à l’opposé du salon de Montreuil, le Salon de Montrouge, hyper-subventionné et hyper-médiatisé, où accourt la fine fleur orlano – cuiresque de l’AICA, pour « accélérer la carrière » des « têtards émergents sur la scène artistique internationale », qui sont pour 90% d’entre eux, de petits cortex fraichement décérébrés et reprogrammés en Ecole des Beaux-Arts pour une probabilité de 1% d’émergence effective sur la scène internationale.

 

8- Le succés de la section « Happy art »

Important à noter, car il y a là comme la réhabilitation d’un art « heureux », coloré, sensuel, enjoué, positif, quand l’esthétique dominante fait plutôt dans la questionnite pathos, déprimante, l’angoisse , le morbide et le catastrophisme spectaculaires.

 

9-Une inflexion dans la courbe de croissance du « contemporainisme » en art, telle qu’on l’a vue monter de façon inquiétante depuis 3 ou 4 décennies.

Important à noter, car cet événement semble augurer d’une nouvelle époque : celle d’un art qu’on pourrait appeler «  a-contemporain » ou « post-contemporain » ou « rien à foutre d’être ou non contemporain »… un art de demain en quelque sorte, beaucoup moins obsessionnellement « contemporain » qu’il ne l’est aujourd’hui…un art guéri et libéré, et plus apte assurément à s’inscrire dans une continuité historique.( le contemporainisme étant à considérer comme une tétanie passagère)

 

10- Un mutisme assourdissant des médias. Pas un seul des chroniqueurs d’art – à prétention toujours historicisante pourtant – n’a franchi le périphérique pour aller voir ce qui s’est passé dans ce salon…

Important à noter, car cela prouve encore une fois que la chronique d’art française ne s’intéresse pas, par principe, à ce qui devrait être notable par elle, à ce que son lectorat serait en droit de connaître ; cela prouve qu’elle n’a de tropisme que vers la jet arty society germano-pratine liée au business-art international et qu’elle considère ce rassemblement   suburbain du sous-prolétariat de l’art, comme une « cour des miracles »  infréquentable parce que susceptible de compromettre sa carrière et ses maigres piges.

 

 

3 Commentaires »

  • mm dit :

    je ne fais quand à moi pas partie des flatteurs; hélas j’ai ressenti tout de suite la politique du nombre , au dépend de la qualité ; parmi les peintres j’en vois beaucoup trop qui ne peignent que d’après photo , se contentant de reproduire ; quand comprendront – ils que l’émotion ressentie devant une photo n’est pas l’émotion ressentie devant le paysage ou le sujet quelquonque en vrai ?
    Je me demande aussi , ou est le professionnalisme ? beaucoup d’oeuvres manifestent qu’il n’y a plus de technique , plus de règle , certes! mais c’est donc que vraiment n’importe qui peut afficher n’importe quoi au titre d’oeuvre d’art !…
    Politique du nombre ; expressionisme exacerbé ; au gout flatteur, coloré; expressivité à outrance pour attirer , et perte de la nature; dématérialisation de l’art plastique pour se médiatiser; il y a encore beaucoup de travail à accomplir pour retrouver la peinture et la sculpture ! c’est la fin de quelque – chose !!!

  • lescure françoise dit :

    découverte de ce salon aujourd’ hui , je peins depuis trente ans , a coté des modes ; un peu les yeux tournés vers les grands qui nous ont précédé. je suis exposé avec un collègue a la mairie d’ Orsay dans le département 91 . très heureuse d’ avoir trouvé votre site. a bientot et très d’ accord avec votre article . françoise l.

  • Hancotte dit :

    Complètement d’accord avec ce commentaire et je me réjouis particulièrement à la lecture des points 8 et 9 concernant la réhabilitation du happy art, d’un art positif heureux et coloré et en parallèle l’avènement d’un art moins obsessionnellement contemporain avec ses codes plutôt tristounes et convenus au profit d’un art plus décontracté.

    ça, ça me plait beaucoup et en début d’année beaucoup plus que ces voeux de bonne année et surtout de bonne santé encore plus convenus

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